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25 mars 2008

JO 2012 : La question du Boycott

139596301.jpgDepuis plusieurs jours maintenant, le débat français bute sur la répression chinoise au Tibet. Que faire? Que dire? Le boycott des jeux? Il s'est créé, comme parfois ou comme souvent dans le débat public, une forme de cercle de la raison qui repousse aux frontières de l'incongruité ceux qui le réclameraient. Comment, un boycott qui pénaliseraient nos atlhètes, mais enfin, vous n'y pensez pas... Alors, le même cercle raisonneur dessine cette possibilité de ne pas honorer les autorités chinoises de l'auguste présence des dirigeants politiques lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, à Pékin, le 8 août prochain.

Belle proposition. Elle n'a, au fond, qu'un seul inconvénient. S'il se passe, ou s'il s'est passé, des évènements suffisament forts pour justifier d'un boycott de la cérémonie d'ouverture, comment ces mêmes évènements pourraient-ils d'un seul coup disparaitre des esprits et alléger suffisament les consciences pour faire place nette aux "jeux"? En d'autres termes, comment pourrions-nous accepter d'applaudir aux exploits sportifs réalisés dans un pays ou la répression, la détention et le meurtre constituent des moyens de l'action politique? Qu'on le veuille ou non, que cela plaise, choque ou déçoive, c'est bien la question du boycott des "jeux" qui est posée, et non pas celle d'un ersatz de boycott.

Bien sûr, il est difficile, voire irréaliste, d'imaginer que ce grand rendez-vous planétaire ne puisse pas être honoré. Trop d'engangements financiers seraient anéantis si les "jeux" ne se déroulaient pas, des conséquences diplomatiques imprévisibles pourraient surgir d'un boycott de la "fête". Soit. mais alors, il faut assumer. Les "jeux" qui sont le symbole de la fraternité humaine vont se dérouler dans une dictature. Et nous applaudirons, depuis nos fauteuis de nos salons devant nos téléviseurs, les exploits des "joueurs" des "jeux" en sachant très bien que croupissent dans les prisons chinoises des femmes et des hommes dont la seule faute, le seul tort, aura été de réclamer davanatge de libertés civiles.

Allons donc aux "jeux" sans occulter notre mauvaise conscience et interrogeons ceux qui nous ont mis dans ce guépier. Qui donc a choisi la plus grande dictature du monde pour que s'y tienne cette grande fête qui n'a de sens que si la dignité humaine s'y trouve, au bout du compte, célébrée? Qu'est-ce donc que ce CIO mystérieux qui a conçu cela? A qui rend-il des comptes? Ses dirigeants sont-ils, ces jours çi, insomniaques ou torturés? Craignent-ils seulement pour la mise en péril de contrats aux multiples zéros ou souffrent-ils aussi au fond de leurs consciences pour l'impasse dans laquelle ils ont engagé les valeurs et les symboles dont ils sont, théoriquement, les défenseurs?

Toutes ces questions, à qui les adresser? Le CIO est aux abonnés absents. Ou alors, quand il sort de sa réserve, c'est pour assurer, comme il l'a fait la semaine dernière, que l'air pollué de Pékin ne devrait pas porter atteinte aux organismes des champions qui se trouveront en terre chinoise. Mieux vaut en rire. Restent seulement les braves soldats de la politique qui font face comme ils le peuvent à la tourmente, avec des arguments bricolés et des propositions frelatées.

Ainsi va le débat et la marche de la planète, certes ronde, mais parfois aussi tordue.

[Note interesante provenant du blog de Jean-Michel Aphatie]

Commentaires

Au sujet d'un boycott, je pense que cela ne ferait que vexer le peuple chinois qui embrigadé dans la propagande du parti ne comprendrait pas la position du reste du monde.
Allons à ces jeux, c'est une tribune incroyable pour s'adresser au peuple chinois.
C'est à lui qu'il faut s’adresser, pas au parti.

Ecrit par : Tom | 26 mars 2008

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