25 octobre 2007

"La rose a ses raisons, que la raison ignore"

e325c4253d931da126060ce8a9f1147a.jpgNicolas Sarkozy souhaite soumettre au Conseil constitutionnel le texte du traité, afin qu'il soit ratifié par voie parlementaire. Il faut expliquer à nos amis socialistes l'importance de ce traité. Au Président de lancer : "le PS devra prendre ses responsabilités. Il devra assumer un choix pour l'Europe ou contre l'Europe". Les dés sont lancés ! Le parti socialiste est averti, et ne veut surtout pas revivre les affres du référendum constitutionel de 2005, dont il est sorti considérablement affaibli. Le parti est de nouveau confronté à la ratification d'un traité européen, mais à la différence de 2005, les socialistes veulent aboutir à "une position commune". Il est donc exclu, à quatre mois environ des municipales, de relancer le débat qui les avait divisés en 2005. Or, mardi 23 OCtobre, au terme d'une réunion du Bureau national, le PS s'est donné deux semaines pour choisir lors de la ratification parlementaire, entre l'adoption du traité simplifié ou l'absention, voire le refus du vote. Dans cette position, une position collective peut être dégagée de "l'échange des points de vue" qui a eu lieu hier soir au Bureau national par la solution de compromis proposée par B.Hamon : l'abstention. Une telle issue permet aux socialistes de ne pas se diviser sur le contenu du texte, et permet de dépasser les anciens clivages entre partisans du oui et du non. C'est la même attitude que les socialistes, portés alors par F. Mitterand, avaient adopté lors du référendum de 1972 sur l'entrée de la Grande Bretagne dans l'Europe. L'unité resterait préservée. Mais cette unité reste TRES fragile car d'apparence : Il y aurait les "oui" ; les "oui critique", comme Pierre Moscovici, qui considère le traité imparfait, mais qui peut remettre l'Europe en marche" ; "l'abstention critique" qui regrouperait les anciens "non" et déplacerait le débat sur le contenu des politiques européennes ... Tandis que Ségolène Royal s'oppose farouchement à la revendication d'un référendum sur le traité simplifié, maintenue dans le discours des ténors du Parti, Bertrand Delanoë a appelé les socialistes à assumer leurs convictions européennes et à ne pas s'inscrire en décalage avec les autres partis sociaux-démocrates, favorables au traité. Au-delà de l'attitude des parlementaires socialistes face au traité, c'est aussi l'avenir de la synthèse générale du Parti qui est en jeu : le PS a deux semaines pour y parvenir ! C.H

20 octobre 2007

L'Europe a remporté une victoire contre l'immobilisme !

55f98ecc56c3c98e719d84ef5be9210f.jpgC'est dans la nuit de jeudi à vendredi qu'un accord sur le nouveau traité européen a été trouvé entre les 27 Etats membres de l'Union européenne. Ce compromis vient de mettre un terme à 6 années de querelles institutionnelles, qui avaient culminé lors lors du double non français et néérlandais au référendum. Le document sera officiellement signé dans la capitale protugaise le 13 Décembre, tandis que les Etats membres promettaient de le soumettre devant leur Parlement avant le 1er Janvier 2009. A cet égard, le Président de la République a indiqué que le texte sera soumis au vote des députés "le plus vite possible, c'est-à-dire en décembre prochain", afin que la France soit un des premiers Etats à le faire.

7c5f84879fa47f280a1408acc4732c9a.jpg
Cette parenthèse institutionnelle désormais refermée, l'Europe compte relancer son projet politique. « Le traité n'est pas une fin en soi, il faut prendre des initiatives, donner du contenu et de la chair à l'Europe », a déclaré Nicolas Sarkozy. En effet, depuis 2 ans, l'Europe est en panne. La Commission était frileuse à prendre des règlements, comme la Cour de justice des communautés européennes était peu encline à faire évoluer le sens des textes, pour pallier à cette carence des institutions -alors qu'elle le faisait sans réserve aucune auparavant. Cette apathie est désormais révolue. Ainsi, la Commission européenne annonce la publication, avant février 2008, de plusieurs projets législatifs : l'un relatif à l'immigration, dès mardi prochain, deux autres consacrés au terrorisme et au marché intérieur, en novembre, un quatrième lié au changement climatique, en janvier. De plus, pour sa présidence du second semestre 2008, la France fait également de l'énergie, de l'immigration et de l'environnement des priorités susceptibles de réconcilier l'opinion publique avec l'Europe. Quant à la Cour de justice des communautés européennes, on attend sa jurisprudence. Au-delà des embarras institutionnels, ces carences sont aussi économiques : L'Union ne retrouvera pas de souffle tant qu'elle n'aura pas trouvé un projet adapté à la mondialisation et digéré l'élargissement. En effet, conformément au projet des Pères fondateurs, il faut d'ABORD construire une Europe économique, reposant sur un VERITABLE commerce intraeuropéen, et une croissance économique européenne au beau fixe, avant d'envisager des projets politiques. Or aujourd'hui, avec l'élargissement aux pays de l'Est, l'Europe est revenue à cette logique initiale. Il faut INTEGRER ECONOMIQUEMENT les régions ayant récemment adhéré à l'Union, avant de les intégrer politiquement dans un processus de décision politique. Il nous semble que l'Europe n'a pas intégré cette logique : elle contribue, bien évidemment, au rattrapage économique des anciens pays communistes, mais les intègre au processus de décision politique, créant par là même des situations de blocage, comme en témoignent les conflits avec la Pologne des frères Kaczynski. Mais cette "politique de double front" reste toutefois inévitable : on ne peut "se payer le luxe" de rester encore 10 ans dans l'immobilisme. C'est pourquoi, l'accord sur le "traité simplifié" à Lisbonne et sa ratification en Décembre prochain sont à saluer, mais ne constitue qu'une étape dans la construction européenne. La prochaine étape sera la refonte des politiques communes, qui permettra de définir ce que les Européens entendent faire ensemble. Le dossier commencera à être abordé sous présidence française fin 2008 mais n'entrera en vigueur qu'en 2014. L'accord de Lisbonne n'est donc qu'une étape. Nécessaire certes, mais pas suffisante. C.H